Environ 150 personnes ont participé à cette troisième édition des « Rencontres publiques du Comité Médicis ». 3ème rencontre du Comité Médicis

Yves Perrier, Président du Conseil d’Administration d’Amundi et Président du Comité Médicis, a ouvert la session en soulignant que cette question est aujourd’hui au cœur de l’actualité, comme en témoignent les débats du dernier forum de Davos, de nombreux articles de presse nationale et internationale et de récentes controverses aux Etats-Unis.

La juxtaposition des législations des États et des normes induites par les ONG, les agences de notation et les investisseurs au travers des référentiels ESG, pose des questions d’ordre géopolitique, écologique et sociale majeures.

Que peut signifier pour la constitution de notre société, comme pour le bon fonctionnement de l’économie cette articulation de la norme et de la loi qui tend à faire des entreprises des acteurs politiques ?

Mercedes ErraDans une première partie, Mercedes Erra a exposé les résultats d’une étude mondiale sur ce qu’attendent les « gens », notamment dans leurs comportements de consommation et dans leur rapport aux entreprises et aux institutions politiques.

La confiance reste un élément essentiel : 80% des gens pensent que la confiance est une clé de voûte de notre société. Mais cette confiance tend à s’accorder à des cercles restreints : aux gens qui les entourent, à ceux de leur génération et à ceux qui leur ressemblent.

Les entreprises s’en sortent plutôt bien. La crise du Covid et sa gestion par les entreprises ont beaucoup aidé à leur perception positive. Ce n’est pas le cas pour les politiques.

Pour les gens, le premier rôle de l’entreprise est de créer de l’emploi et de s’occuper de ses collaborateurs. Un deuxième élément très important est de s’engager pour la planète. Le troisième élément est qu’une entreprise doit générer du profit mais en même temps elle doit jouer un rôle pour faire bouger le monde dans le bon sens. L’entreprise et ce qu’elle produit doivent avoir un sens, une utilité.

En s’appuyant sur l’intervention précédente, Marcel Gauchet a développé les trois points suivants :  Marcel Gauchet

  • Les entreprises ne sont pas des institutions politiques au sens strict et rigoureux du terme.
  • Par leur action et leurs impacts toutefois, les entreprises sont des objets du politique.
  • Les entreprises sont sollicitées sur des sujets de société, politiques, et ne peuvent échapper à la nécessité d’y répondre et d’arbitrer entre des attentes souvent contradictoires.

En dernière partie, les échanges animés par François Lenglet se sont ensuite poursuivis avec la salle.

En conclusion, Yves Perrier a rappelé le rôle, la « raison d’être », du Comité Médicis qui est de contribuer à penser les transformations du monde, le rôle des entreprises mais aussi le rôle des investisseurs.